Personne n’a jamais reçu de point bonus pour avoir écrit « de la » sans hésiter. Pourtant, une simple faute sur cette petite combinaison peut suffire à faire vaciller tout un texte, du devoir d’élève à l’e-mail professionnel. L’accord, l’apostrophe, les pièges des mots qui se suivent… Même les adultes s’y laissent prendre. Et lorsque la préposition « de » vient flirter avec l’article défini « le », que l’on retrouve dans « du », la confusion gagne du terrain. L’apostrophe de « de l’ » ne simplifie rien : elle brouille les frontières, complique l’accord, et tout devient affaire de vigilance, surtout face à ces noms qui démarrent par une voyelle ou un h muet. Si la phrase s’allonge, si des mots courts s’enchaînent, la mécanique se grippe.
Cet engrenage n’est pourtant pas sans mode d’emploi. Quelques règles nettes, des astuces éprouvées, et une poignée d’exceptions suffisent à contourner la plupart des pièges. Pour s’y retrouver, il suffit parfois d’un repère solide et de quelques routines, histoire de ne plus jamais trébucher sur « de la ».
Pourquoi « de la » pose-t-elle tant de difficultés à l’écrit ?
Dans l’apprentissage du français, distinguer « de la » des formes voisines relève parfois du parcours du combattant. Élèves et adultes se heurtent au même obstacle : l’incertitude face à la bonne formule. Quand le groupe nominal se brouille, la phrase vacille. Une faute ici, et c’est toute la clarté du texte qui s’efface, au collège comme dans les premiers essais d’écriture.
La crainte de se tromper freine l’élan. Elle prend racine tôt, dès l’école, et colle à la peau jusqu’au collège. Un doute sur l’accord, et l’expression s’effondre. La pression scolaire ajoute sa propre couche d’inquiétude : la peur du trait rouge, de la remarque, du mot qu’on ne sait plus écrire. Pour les élèves touchés par la dyspraxie visuo-spatiale, la route est encore plus sinueuse : il faut jongler avec le lignage, surveiller les lettres qui débordent, réussir à bien séparer chaque mot. Le découpage visuel devient alors un défi à part entière.
Le système éducatif ne reste pas les bras croisés. Pour aider, il propose plusieurs leviers :
- Des supports adaptés comme le cahier Gurvan, pensé spécifiquement pour les enfants dyspraxiques
- Des outils différenciés, tel Codéo, qui permettent de varier les approches en classe
- Des exercices classiques, dictées, jeux, petits textes à produire, qui favorisent la mémorisation multisensorielle
- Un accompagnement individualisé : corrections, conseils, ateliers, parfois même recours au numérique
Malgré cette panoplie, la difficulté résiste. Elle rappelle que la langue française ne s’apprivoise pas qu’à coup de règles, mais aussi dans l’usage quotidien, avec ses hésitations et ses tâtonnements.
Des astuces concrètes pour écrire « de la » sans se tromper, même quand on débute
Dès qu’on se lance dans l’écriture, la moindre hésitation sur « de la » a vite fait de s’inviter. Pas de formule magique ici : il s’agit plutôt d’apprivoiser la difficulté, de s’y confronter avec méthode. Les enseignants l’ont compris : rien ne remplace une démarche structurée pour rassurer et guider. Première étape : repérer le groupe nominal. Si on peut remplacer par une expression comme « de la confiture », la séparation est la bonne. Et non, « delaconfiture » ne forme jamais un mot valide. Ce réflexe, avec un peu de pratique, fait déjà disparaître bien des fautes.
Pour ancrer la règle, rien ne vaut des supports variés. Voici quelques leviers souvent utilisés en classe ou à la maison :
- Les dictées régulières, qui entraînent l’œil et l’oreille à repérer la bonne orthographe
- La relecture attentive de ses propres textes, à la recherche de ces petits pièges
- L’appui sur des vidéos pédagogiques ou des jeux de cartes-mots, qui rendent la règle plus concrète
- La manipulation physique : découper les mots, déplacer des étiquettes, reconstituer la phrase sur la table
À chaque réussite, même minime, la confiance grandit. Multiplier les exemples, d’abord à l’oral puis à l’écrit, permet de solidifier l’apprentissage. Les outils numériques, comme Scrivener ou Evernote, aident à organiser ses idées : un schéma pour visualiser la phrase, un brouillon pour réécrire, une session de relecture collective en atelier. Les parents aussi jouent leur rôle : lecture, corrections, encouragements, tout compte. Pas à pas, l’élève développe sa conscience orthographique et s’approprie la règle.
La clé réside dans la répétition, la variété des approches, l’envie de progresser et la bienveillance de ceux qui accompagnent. Pas d’exploit spectaculaire, mais des victoires discrètes et régulières qui, un jour, font toute la différence. Maîtriser « de la », ce n’est pas briller par une prouesse, c’est avancer avec assurance, mot après mot.


