Supprimer un impôt ne signifie pas effacer la fiscalité. Les Pays-Bas, par exemple, ont mis fin à l’impôt sur la fortune en 2001, mais cela n’a pas signé la fin de la taxation sur le capital. Là-bas, c’est le rendement fictif du patrimoine qui reste dans le viseur du fisc. En France, la pression fiscale s’est recentrée sur la pierre, avec un impôt réservé aux biens immobiliers. L’Espagne, elle, superpose impôt national et déclinaisons régionales, chaque communauté autonome jouant sa propre partition et fixant ses propres exonérations.
Au Luxembourg, ce sont surtout les entreprises qui se retrouvent face à la fiscalité patrimoniale. En Suisse, la fortune se voit taxée canton par canton, selon des seuils et des taux qui n’ont rien d’uniforme, chaque canton défendant ses intérêts, parfois avec des écarts notables. Du côté allemand, l’impôt sur la fortune a disparu depuis 1997, mais la taxation sur les revenus du capital continue de tenir une place centrale dans leur système.
Panorama de l’impôt sur la fortune en Europe : grandes tendances et spécificités nationales
Impossible de fixer une « recette européenne » en matière d’impôt sur la fortune. Chaque pays trace sa route. En France, le patrimoine immobilier est visé par un impôt progressif, tandis qu’en Allemagne, cet impôt a été supprimé il y a plus de vingt-cinq ans. L’Espagne garde un impôt national, mais accorde aux régions une complète liberté d’ajustement, preuve que chaque territoire défend sa propre logique fiscale.
En Suisse, chaque canton décide de la fiscalité du patrimoine, parfois dans une forme de compétition ouverte pour attirer les grandes fortunes. Le Luxembourg concentre la taxation sur les entreprises. Ailleurs, en Belgique ou en Autriche, les particuliers ne sont pas sollicités pour l’impôt sur la fortune,les États misent sur d’autres prélèvements.
Voici un aperçu comparatif pour situer chaque modèle national :
- France : impôt sur la fortune immobilière, taux progressif de 0,5 % à 1,5 %
- Suisse : impôt cantonal sur le patrimoine, taux moyen d’environ 1 %
- Espagne : impôt national et régional, jusqu’à 3,75 % selon le lieu de résidence
- Allemagne : impôt sur la fortune supprimé depuis 1997
Certains membres de l’Union européenne, comme la Belgique ou l’Italie, ne taxent pas la fortune. Ils privilégient les prélèvements sur les revenus, les successions ou les plus-values. L’Europe fiscale compose ainsi une véritable mosaïque : comparer les systèmes, c’est mettre en balance une philosophie globale, où se croisent taxation du capital, attractivité, et volonté de justice fiscale.
Quels pays européens taxent réellement la fortune ? Focus sur les législations en vigueur
En matière de fiscalité du patrimoine, l’Europe est divisée. Quelques pays maintiennent une imposition directe sur la fortune, d’autres ont choisi de l’abandonner. En France, l’impôt sur la fortune immobilière concerne surtout l’immobilier, avec un taux pouvant aller jusqu’à 1,5 %. L’Espagne associe impôt national et ajustements régionaux, jusqu’à 3,75 %. En Suisse, les contribuables les plus aisés s’acquittent d’un impôt patrimonial fixé par le canton, dans une fourchette proche de 1 %.
De l’autre côté du spectre, plusieurs États européens n’imposent plus la fortune des particuliers. L’Allemagne, la Belgique ou le Portugal ont supprimé cet impôt, mais ont redoublé d’attention sur les revenus, les plus-values et les transmissions. Scandinavian touch : la Suède et le Danemark se sont également éloignés de l’imposition directe sur la fortune depuis plus de dix ans.
Nul consensus sur la manière de répartir l’effort fiscal. Pour certains, la priorité va à la taxation des revenus, pour d’autres, ce sont le patrimoine ou les transactions financières qui priment. Chaque choix traduit une orientation politique : renforcer l’attractivité, financer la solidarité, ou viser un compromis incertain. Aujourd’hui, rares sont les États européens à maintenir un impôt direct sur la fortune : l’exception est devenue la règle.
Expatriation et fiscalité du patrimoine : comment choisir sa destination selon l’impôt sur la fortune
Changer de résidence fiscale ne se résume pas à la question du taux. Les détenteurs de patrimoine visent de nombreux critères : cadre de vie, coût du quotidien, conditions fiscales. Certains États se distinguent par l’absence intégrale d’impôt sur la fortune : Monaco, Andorre, île Maurice, Émirats arabes unis. En Suisse, le jeu se passe canton par canton, ce qui permet des ajustements très fins.
D’autres facteurs doivent guider le choix : fiscalité sur les revenus, droits de succession, conventions bilatérales signées, stabilité politique. Attention aussi au statut de « paradis fiscal » : si une destination est sur la liste noire d’organisations internationales, l’installation expose à des contreparties bancaires, à une vigilance administrative accrue, ou à des dispositifs particuliers en cas de retour en France.
Voici quelques exemples de destinations qui attirent les expatriés fortunés :
- Monaco : fiscalité très allégée, absence d’impôt sur la fortune et le revenu pour les résidents, mais accès restreint et coût de la vie élevé.
- Émirats arabes unis : aucune imposition sur le revenu, environnement pluriel et fiscalité recherchée par les expatriés, bien que des conditions d’installation précises s’appliquent.
- Andorre : impôt modéré, stabilité politique, ouverture envers les nouveaux arrivants.
Choisir une résidence fiscale implique plus qu’un déplacement comptable : cela façonne l’approche de gestion du patrimoine, les investissements, jusqu’au mode de vie quotidien. Avant tout projet d’expatriation, il s’agit de confronter ses objectifs à la réalité locale, qu’il soit question d’infrastructures, de soins ou du respect du droit. Partir, c’est choisir beaucoup plus que de simples conditions fiscales, c’est parfois choisir un horizon.
Au-delà des chiffres : comprendre l’impact de la fiscalité sur la vie quotidienne des contribuables
La fiscalité ne se limite pas à des taux et des tranches. Elle intervient dans la vie de chacun, modelant les décisions à chaque étape : choix professionnels, investissements, mobilité. Derrière les barèmes de l’impôt sur le revenu ou les différents impôts sur la fortune, se jouent bien des situations concrètes : investir ou non, transmettre, changer de pays, tout peut basculer.
En France, la progressivité de l’impôt sur le revenu et la spécificité de l’impôt immobilier alimentent une recherche d’équité, mais aussi des perceptions contrastées selon le profil de patrimoine. En Suisse, la diversité cantonale crée autant d’opportunités que de complexité, notamment pour ceux qui choisissent d’y venir s’installer. À Monaco, l’attraction des grandes fortunes s’explique par l’absence d’impôt sur le revenu, mais toute installation reste très encadrée.
Le coût de la vie, la qualité des services, la santé ou l’éducation, la stabilité des règles : tout cela dépend du modèle fiscal retenu par chaque pays. L’impôt devient alors un facteur d’attractivité, ou dissuade au contraire l’installation. Quant aux conventions fiscales entre États, leur objectif est de limiter la double imposition mais elles n’effacent pas les écarts de traitement selon le pays de résidence.
Voici quelques exemples concrets pour illustrer la diversité des situations fiscales :
- En Espagne, le choix de la résidence conditionne la fiscalité régionale applicable.
- En Belgique, l’absence d’impôt sur la fortune se double d’une fiscalité conséquente sur le travail.
- Au Portugal, le régime des résidents non habituels séduit les retraités européens en prévoyant des avantages sur certains revenus venus de l’étranger.
Loin d’être une abstraction administrative, la fiscalité sculpte l’équilibre entre solidarité collective et libertés individuelles. Elle délimite le champ des possibles pour les résidents de chaque pays, et, pour ceux qui réussissent à en décoder les règles, peut devenir un véritable levier d’avenir.


