Diagnostic: reconnaitre les signes d’une maladie mentale chez l’enfant

Un enfant sur huit présente au moins un trouble mental diagnostiquable avant l’adolescence, selon l’Organisation mondiale de la santé. Dans la majorité des cas, les premiers symptômes passent inaperçus ou sont confondus avec des difficultés passagères, ce qui retarde l’accès à une prise en charge adaptée.

Certains signes se manifestent de façon différente selon l’âge, le tempérament ou l’environnement familial. L’entourage, souvent démuni, hésite à distinguer une inquiétude légitime d’un véritable signal d’alerte. Repérer ces manifestations précocement facilite pourtant le recours à un accompagnement efficace.

Pourquoi la santé mentale des enfants mérite toute notre attention

Les chiffres ne mentent pas : la part des troubles mentaux chez les jeunes ne cesse de grandir. Près de 15 % des collégiens et 14 % des lycéens sont confrontés à un risque important de dépression. Pourtant, la santé mentale des enfants dépasse la question d’un simple diagnostic. Elle traduit leur équilibre émotionnel, leur force psychique et leur aptitude à surmonter les aléas du quotidien.

Avec la pandémie, les détresses psychologiques chez les enfants et adolescents se sont multipliées. Les jeunes filles, notamment, ont vu bondir le nombre d’hospitalisations pour tentative de suicide. Ces blessures mentales ne s’effacent pas d’elles-mêmes : la plupart des troubles de l’adulte commencent très tôt dans la vie. Derrière chaque retard dans la prise en charge, ce sont des parcours scolaires bouleversés, des stigmatisations ou même des existences brisées prématurément.

Le sujet touche chaque famille, chaque école. Entre santé mentale positive, difficultés fugitives ou véritables troubles, rien n’est à négliger. Aujourd’hui en France, un enfant sur huit porte une souffrance psychologique.

Pour repérer les différents visages de ces troubles, il est utile d’illustrer leur diversité :

  • Dépression, troubles anxieux, difficultés de comportement ou de sommeil : les apparences varient, et se confondent parfois avec un moment de découragement ordinaire.
  • Mais quand la mécanique s’installe, c’est la confiance qui s’efface, l’isolement qui progresse, la scolarité qui vacille.

La santé mentale des jeunes n’appartient pas qu’au secteur médical. École, familles, collectivités : il s’agit d’un enjeu partagé.

Quels signes doivent alerter les parents au quotidien ?

Les signaux d’une maladie mentale chez l’enfant se glissent souvent dans les comportements les plus communs. L’enfant s’éloigne sans raison, se détourne soudain de ses activités habituelles, perd l’élan qui l’animait encore il y a peu. Face à une tristesse qui ne s’éteint pas, à une nervosité inhabituelle ou à des angoisses inexplicables, l’inquiétude doit grandir. Du côté des troubles anxieux, les peurs prennent parfois le dessus, l’enfant enchaîne les pensées sombres ou fait face à des crises sans prévenir. À l’école, une phobie scolaire peut s’installer : refus d’aller en classe, douleurs physiques fréquentes, larmes au matin. Cette problématique touche près de 3 % des élèves français.

D’autres difficultés se glissent dans la gestion du corps ou de l’alimentation. Les troubles des conduites alimentaires n’ont pas tous le même visage : manque soudain d’appétit, avoidance des repas ou consommation excessive à l’abri des regards. Le sommeil, révélateur du malaise, devient parfois un terrain miné : cauchemars, réveils à répétition, insomnies affectent beaucoup d’enfants exposés à la souffrance psychique.

Sur le plan scolaire, le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) s’exprime par une agitation discontin ue, bien des difficultés à se fixer et des réactions impulsives en classe. Les troubles du spectre de l’autisme se présentent à travers des d ifficultés dans le contact, des gestes répétitifs ou une manière particulière d’ user du langage.

Les premiers à percevoir ces changements, ce sont souvent les parents. Dès lors qu’un comportement se transforme durablement, qu’un état de mal-être s’accroche et s’étale sur plusieurs semaines, garder une oreille attentive et se tourner vers un professionnel devient recommandé. Plus les signes se multiplient ou s’installent, plus il est pertinent de demander conseil à un spécialiste.

Comprendre la différence entre difficultés passagères et troubles persistants

Il reste difficile de tracer la frontière entre détresse psychologique passagère et trouble psychiatrique solide. Grandir s’accompagne de moments plus fragiles : peurs brèves, chagrin après un événement, réactions inattendues face à un bouleversement. Ces phases s’estompent en général, aidées par la présence et le soutien du cercle familial.

Cependant, certains signaux refusent de disparaître. Quand l’anxiété prend le dessus jour après jour, quand l’enfant se referme durablement, lorsque le sommeil ou l’appétit sont perturbés plusieurs semaines d’affilée, il devient urgent de s’en préoccuper. Un trouble mental chez l’enfant s’observe à travers sa durée, sa récurrence et l’impact qu’il provoque sur le quotidien : blocage à l’école, relations plus tendues, perte de confiance profonde.

Différents facteurs augmentent la susceptibilité aux troubles :

  • Le bagage génétique élève parfois la vulnérabilité aux troubles.
  • Les événements extérieurs comme un climat familial tendu, le harcèlement ou la précarité peuvent aggraver la situation.
  • Un niveau de stress élevé démultiplie ces difficultés.

Un trouble installé bouleverse durablement la vie sociale, émotionnelle ou scolaire. À l’inverse, si le malaise résulte d’un contexte précis, il finit souvent par s’atténuer. Ce sont la constance, la fréquence et la multitude des symptômes qui orientent vers un diagnostic de trouble mental chez l’enfant. Savoir repérer tôt ces signaux, comprendre les causes, c’est se donner des chances d’éviter que la situation ne s’aggrave et d’offrir à l’enfant un avenir moins entravé.

Fille de 7 ans assise sur un canapé avec un animal en main

Ressources et conseils pour accompagner son enfant et trouver de l’aide

Remarquer les premiers signes d’un trouble mental chez l’enfant soulève la responsabilité de tous : parents, enseignants, acteurs auprès de la jeunesse. Face à la détresse psychique, la tentation du repli existe, mais c’est l’entourage collectif qui peut peser sur l’avenir de l’enfant. Prendre contact dès que possible avec un professionnel de santé, médecin traitant, psychologue, pédopsychiatre, marque souvent le premier pas vers un accompagnement bénéfique. Cet échange permet d’évaluer la situation, d’orienter et, si besoin, de proposer des thérapies individuelles ou familiales.

L’école joue aussi un rôle capital. Professeurs, infirmiers scolaires, psychologues de l’éducation nationale sont présents pour repérer, accompagner les enfants et faciliter les démarches. Quand famille, école et santé travaillent de concert, les risques de rupture diminuent et l’accompagnement progresse. Chacun a la possibilité de solliciter ces relais ou de demander un suivi spécifique.

Les familles disposent aujourd’hui de différents appuis :

  • Le numéro 3114 permet de bénéficier d’une écoute spécialisée.
  • Des lignes et plateformes d’écoute dédiées aident à rompre l’isolement des jeunes ou à soutenir les proches au quotidien.
  • Certains espaces proposent des ressources et accompagnent les jeunes de façon confidentielle et adaptée à leur âge.

Un dépistage précoce, une formation régulière des professionnels et la promotion d’habitudes de vie saines forment le socle d’une prévention solide. Quand la vigilance devient une force collective, chaque enfant a davantage de chances de sortir grandir de ses tempêtes, sans avoir à affronter l’orage dans la solitude.